Le calcul du deuil est froid. Il ne se soucie pas des étapes de développement. John F. Kennedy Jr. avait à peine trois ans lorsque son père, le président John F. Kennedy, a été assassiné le 22 novembre 1963. La chronologie est sombre. Il s’est tourné trois jours plus tard, le 25 novembre. Cette date n’était marquée ni par des ballons ni par des piñatas. Elle a été marquée par les funérailles de celui qui était son monde depuis à peine trois ans.
Là-bas, John Jr. a été photographié en train de saluer le cercueil.
Cette image est devenue une partie indélébile de l’histoire américaine. C’est le moment où l’enfance entre en collision avec la tragédie d’État. Le jeune garçon se tenait au garde-à-vous, la main levée pour saluer le cercueil de son père. C’était un geste d’innocence pris pour une précision militaire, ou peut-être simplement une imitation de la solennité qui l’entourait. Mais c’était réel. Et c’était déchirant.
Après les formalités, après que les foules se soient dispersées et que le poids de l’État ait commencé à s’alléger légèrement du foyer, Jacqueline Kennedy a tenté de récupérer quelque chose pour son fils. Un anniversaire est un anniversaire, quel que soit le contexte. Elle a organisé une petite fête pour John Jr. Ce n’était pas la grande affaire souvent associée au nom Kennedy. C’était simple. Intime.
Il y avait du gâteau. Il y avait de la glace.
Pendant quelques heures, le garçon n’était plus le fils du président. Ce n’était pas un symbole. Il n’était qu’un enfant de trois ans qui mangeait du sucre au lendemain du deuil national. Le contraste est ce qui vous marque. Le salut raide dans l’air froid versus la douce douceur d’une glace dans une pièce calme. Deux mondes différents pour un enfant de trois ans. Celui qui lui avait tout pris et qui offrait un petit aperçu de normalité.

















